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Alcide Marot

Poète et historien.

ALCIDE MAROT (1862-1925)

 

Alcide Marot est né en Lorraine, à Sauville en 1862. Son enfance dans une famille distinguée et cultivée, fut calme et pieuse. Il étudia à Nijon avec le curé du village, excellent latiniste et fin lettré. C’est dans le jardin du presbytère, dans les champs, dans les bois qu’il comprend et aime Virgile. Il complète alors ses études au Petit Séminaire de Langres, où ses professeurs apprécient sa docilité et son intelligence. Il remplaça son père au conseil municipal de Nijon qu’il présida pendant quinze ans. Alcide Marot publia peu et le peu qu’il publia se fit sur les instances de ses proches et amis Charles Sadoul et Maurice Barrès. Alcide Marot est mort en 1927, nous laissant des écrits nous contant « ce grand pays noble et triste  (Barrès)» qu’est sa Lorraine. « Alouettes et Alérions, poésies, avec une préface de Maurice Barrès, 1909 et 1914. Le Chasseur de La Mothe, roman historique sur les sièges et la destruction de la vieille forteresse lorraine, 1892 ; Essai d’histoire des villages du canton de Bourmont, 1925 ; Dix poésies en patois du Bassigny lorrain et une servante d’autrefois, édition posthume.

 

Le Chasseur de La Mothe

 

Alcide Marot publia cette chronique à 30 ans en 1892 s’inscrivant ainsi dans le courant du fort sentiment identitaire lorrain qui alimenta une riche vie intellectuelle. Une belle relation d’amitié le liait à Georges Sadoul, rédacteur en chef du Pays lorrain et à l’écrivain Maurice Barrès.

Alcide Marot fut maire de Nijon, petit village de la vallée du Mouzon dans le canton de Bourmont en Haute-Marne. Excellent latiniste et fin lettré, il commit une œuvre conséquente, qui en son temps fit autorité. La réédition du Chasseur de La Mothe est une initiative heureuse car elle nous replonge dans un épisode historique qui n’est rien d’autre que les longues prémices du rattachement de la Lorraine à la France.

L’action du livre se situe au milieu du XVIIème siècle, aux moments du dernier siège de La Mothe, superbe ville forteresse qui abritait en 1645 plus de 4 000 habitants. Notre héros, Sébastien de Maillefert est capitaine et major d’infanterie à La Mothe et sert le duc de Lorraine Charles IV. Il est habile arquebusier et traverse avec hardiesse les lignes françaises durant le dernier siège qui se solda, sur ordre du cardinal de Mazarin, par la destruction totale de La Mothe. Il est chasseur comme on ne l’imagine plus aujourd’hui et c’est au travers de ses sorties que l’on comprend mieux l’atmosphère d’une époque et les derniers moments d’une communauté de vie aux confins de la Lorraine, de la Champagne, de la Franche-Comté et de la Bourgogne.

Les faits historiques sont avérés et parfaitement mis en scène par Alcide Marot. Les vertus du Chasseur de La Mothe sont à la lisière du réel et de l’imaginaire. L’écriture en est délicieuse.

Aujourd’hui, comme jamais, il est utile de se réapproprier dans une ardente volonté, les contes de toujours, les lire et les dire à nouveau. Nos territoires regorgent de récits où les acteurs d’aventure n’étaient point semblables aux hommes de notre présent. Le destin leur accordait d’autres pouvoirs que les nôtres et les maintenait hors des limites de la naissance et de la mort.

La réédition du Chasseur de La Mothe restaure la mémoire d’un territoire et le talent d’un écrivain, Alcide Marot.


" A cheval maintenant, ainsi que son beau-père, Maillefert se dirigeait vers Bourmont, tandis que le valet et ses trois chiens allaient à La Mothe par le chemin le plus court. Les deux gentilshommes chevauchaient lentement sous les vieux noyers. Rafraîchie par l'orage de la veille, la végétation était superbe à voir. A leur gauche, un long panorama se déroulait, borné à l'ouest par des collines boisées, et se prolongeant jusqu'aux plaines du Bassigny. Pays français là-bas, et souvent visité par les bandes de La Mothe. Au fond de cet horizon, et par delà la vue, c'était Morimond, la riche abbaye, c'était Aigremont et son château féodal. 
Le chasseur de La Mothe, roman historique sur les sièges et la destruction de la vieille forteresse lorraine, 1892.

 

" En 1357 La Mothe est garnie de troupes pendant que la duchesse Yolande est assiégée dans Bourmont par Henri de Bar, sire de Pierreport, et Broquart de Fenestrange. Bourmont est pris et brûlé, mais la duchesse parvient à s'échapper.
C'est cette Yolande, nouvelle Frédégonde, qui fit un jour noyer dans une fosse deux chanoines députés vers elle par l'évêque de Verdun. Hugues de Bar, son époux, ruiné en hommes et en argent, implora la paix et s'en fut mourir en Terre Sainte. "

Essai d'histoire du territoire et des villages du canton de Bourmont, 1925.

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